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Bicentenaire de la naissance de Victor hugo

Discours le 26 février 2002 à la Biblithèque nationale du Luxembourg à l'occasion du bicentenaire de Victor Hugo

de Monique KIEFFER, Directrice de la Bibliothèque nationale

Allocution à la Bibliothèque nationale, Luxembourg, 26 février 2002


Excellences
Madame la Ministre,
Mesdames, Messieurs,
Chèr(e)s collègues,

La Bibliothèque nationale est très honorée d'avoir été pressentie par les Amis de la Maison Victor Hugo à Vianden pour s'associer à leur ambitieux projet de Commémoration du Bicentenaire de la naissance de Victor Hugo. Et c'est avec plaisir que la BnL vous accueille aujourd'hui, jour d'anniversaire de Victor Hugo, pour la présentation de l'imposant programme que les Amis de la Maison Victor Hugo ont préparé depuis plus d'une année, en étroite coopération avec notre Ministère de la Culture.

Je crois pouvoir affirmer, sans fausse modestie, que la BnL avait en la matière quelques atouts en main.

* En effet, en notre double qualité de bibliothèque académique et de bibliothèque publique, notre institution a pu réunir au fil des générations des milliers et des milliers d'ouvrages de littérature française et francophone, un fonds qui n' a pas d'équivalent dans notre pays, un fonds où tous les protagonistes de la littérature française sont représentés - parmi eux bien sûr le poète, romancier et auteur dramatique Victor Hugo. Notre catalogue informatisé, qui date seulement de 1985, recense à lui seul 337 publications de et sur Victor Hugo ainsi qu'une vingtaine de films sur l'auteur.
* Gardienne attitrée de la Luxemburgensia, notre bibliothèque détient aussi maintes traces du séjour du grand écrivain au Grand-Duché, surtout par le biais des nombreux articles parus dans la presse de l'époque.
* Il n'est peut-être pas inutile non plus de rappeler que l'ancien Athénée, installé en ces murs, fut un lieu privilégié de la diffusion de la francophilie et de l'amour de la littérature française, si caractéristiques pour notre pays ; que de son vivant, l'écrivain engagé que fut Hugo n'y eût à coup sûr pas que des sympathisants et amis, n'y change rien.

Telles furent probablement quelques-unes des raisons qui avaient déjà conduit les organisateurs du Centenaire de la mort du grand Hugo, en tête la professeur Rosemarie Kieffer, d'organiser en 1985, en cette même salle, une séance académique, et cela déjà en présence de Madame Hennicot, en sa qualité de Présidente de la Commission des Affaires Culturelles de la Chambre des députés.

Si Hugo de son vivant fut loin d'avoir fait l'unanimité, c'est qu'il ne fut pas un écrivain comme les autres.

Écrivain engagé, né avec son siècle, en ayant parcouru les principales péripéties, il en a épousé les espoirs et les illusions, et ses plus belles causes. S'il reste encore aujourd'hui l'écrivain français le plus connu dans le monde, c'est moins à cause de son œuvre littéraire qu'en raison des causes qu'il a défendues. Des causes universelles, de justice, de liberté, de liberté de la conscience, de respect de la personne humaine et de fraternité. Le fait qu'il ait payé de sa personne, passant plus de dix-neuf ans de sa vie en exil, lui a conféré une dignité, une crédibilité et un prestige presqu'inégalés.

Mesdames, Messieurs, je ne voudrais pas accaparer la parole, mais vous me permettrez de souligner que la Bn a le plaisir d'enrichir ce Bicentenaire de la naissance de Victor Hugo d'une petite exposition, présentant un choix d'ouvrages de notre Bibliothèque réalisé par notre conservatrice Mme Danielle Jung :

* qu'il s'agisse d'œuvres de Victor Hugo,
* d'ouvrages d'analyse et de critique littéraire,
* de biographies de Hugo ou d'autres publications permettant de mieux comprendre la vie et l'œuvre de notre illustre auteur.

Dans la vitrine du fond, vous trouverez aussi un manuscrit original de Juliette Drouet, l'amie intime de Victor Hugo, qui relate les noces du dernier comte de Falkenstein, acquis il y a quelques années par notre Réserve précieuse.

À l'entrée de la BnL, côté parvis de la Cathédrale, vous trouverez un assortiment d'ouvrages récents sur Hugo qui sont bien sûr à la disposition des lecteurs.

Je me dois aussi d'attirer votre attention sur les panneaux qui se trouvent au fond de la salle et qui présentent une collection thématique exceptionnelle de timbres ayant pour sujet Victor Hugo. Elle a été gracieusement mise à notre disposition, pour la durée de l'exposition, par Monsieur Bernard Kraemer que je tiens à remercier vivement pour son geste généreux.

Enfin, je ne voudrais pas conclure sans mentionner les textes et publications que des spécialistes luxembourgeois ont consacré à Hugo et à son exil au Grand-Duché : textes d'un Frank Wilhelm, d'un Tony Bourg, ou de René Engelmann, de Rosemarie Kieffer ou d'Anne Beffort, pour ne citer que ceux-là.

Ces écrits sont certes nombreux, mais le sujet ne me semble pas pour autant épuisé. Si Hugo a été accueilli si chaleureusement en notre petit pays, à réputation pourtant conservatrice - ce ne fut non seulement à cause de ses mérites littéraires, mais encore par sympathie pour ses idées de modernité, de démocratie et progrès. La réception de ces idées, aux couleurs de l'idéal républicain français, par les élites de notre pays mériterait bien une étude un peu fouillée qui pourrait aider à éclairer utilement les débats idéologiques qui ont secoué notre pays à la fin du siècle dernier.

Il ne me reste qu'à souhaiter plein succès aux initiateurs du Bicentenaire luxembourgeois et à féliciter ses deux infatigables chevilles ouvrières, Messieurs Claude Frisoni, Président, et Frank Wilhelm, Vice-Président et Conseiller scientifique des Amis de la Maison de Victor Hugo à Vianden.

 

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